Connectivité

Internet à bord : WiFi, 4G et 5G sur un bateau de plaisance

Partage de connexion, routeur 4G/5G, antenne extérieure, consommation électrique : comment avoir une connexion fiable au port et au mouillage.

Par Kevin Cornanguer · · 4 min de lecture

Consulter la météo avant de quitter le mouillage, télécharger un fichier GRIB, passer un appel en visio depuis le port ou laisser les enfants regarder un film un soir de pluie : Internet est devenu un équipement de bord comme un autre. Pourtant, sur beaucoup de bateaux, la solution reste le partage de connexion d'un téléphone posé près d'un hublot. Voici comment faire mieux, et ce qu'il faut savoir avant d'investir.

Pourquoi le téléphone capte mal à bord

Un smartphone a une antenne minuscule, conçue pour être tenue à hauteur d'homme en ville. À l'intérieur d'un bateau, il cumule les handicaps : il est bas sur l'eau, entouré par la coque, les câbles et parfois des cloisons métalliques. En partage de connexion, il chauffe, consomme sa batterie et réduit parfois de lui-même la puissance pour se protéger.

Au port, cela suffit souvent. Au mouillage, dans une anse abritée ou à quelques milles de la côte, la connexion devient instable ou disparaît.

Les trois briques d'une installation fiable

1. Une antenne extérieure. C'est le point le plus important. Placée en hauteur et dégagée (balcon arrière, arceau, portique ou mât), une antenne 4G/5G marine capte bien mieux qu'un téléphone en cabine. Le câble coaxial qui la relie au routeur doit rester aussi court que possible : chaque mètre de câble fait perdre une partie du signal, d'autant plus que la fréquence est élevée. Un câble à faibles pertes est préférable.

2. Un routeur 4G ou 5G. Il reçoit la carte SIM, gère la connexion et diffuse un réseau WiFi à bord. Les modèles conçus pour l'embarqué ou l'industrie acceptent directement une alimentation 12 V et supportent mieux l'humidité et les vibrations que les box domestiques. Beaucoup utilisent deux antennes (technologie MIMO) : l'antenne extérieure doit alors être compatible, avec deux câbles.

3. Une alimentation propre. Le routeur est raccordé au tableau 12 V avec un fusible adapté et un interrupteur, pour pouvoir l'éteindre quand le bateau est inoccupé.

4G ou 5G ?

Sur la côte sud du Finistère, la 4G reste la base la plus répandue et la plus fiable en mer côtière. La 5G apporte des débits supérieurs près des zones couvertes, mais sa portée est souvent plus courte, en particulier sur les fréquences les plus rapides. Un routeur 5G reste compatible 4G : il peut être intéressant si vous naviguez près des villes et ports équipés, mais ce n'est pas indispensable pour un usage de plaisance classique. Avant de choisir, consultez les cartes de couverture des opérateurs sur votre zone de navigation.

La consommation électrique

Un routeur 4G consomme en général quelques watts. Allumé en permanence, cela représente plusieurs dizaines de wattheures par jour : peu de chose au port branché au quai, mais une part à intégrer dans votre bilan énergétique au mouillage. Les solutions de connexion par satellite, utiles au large, consomment nettement plus et demandent une étude énergétique à part entière, souvent avec du solaire.

L'abonnement

La carte SIM peut être celle d'un forfait mobile avec un volume de données important, ou une carte dédiée. Vérifiez que votre forfait autorise l'usage dans un routeur et, si vous naviguez vers d'autres pays européens, ses conditions d'itinérance.

Ce qui fait vraiment la différence

  • L'emplacement de l'antenne compte plus que la marque du routeur.
  • Un câble court vaut mieux qu'une antenne haute reliée par quinze mètres de câble fin.
  • Un passage de pont étanche évite les infiltrations, source de corrosion et de pannes.
  • Une installation testée au mouillage, pas seulement au ponton.

Aucun matériel ne crée du réseau là où il n'y en a pas : l'objectif est de tirer le meilleur de la couverture existante, de manière fiable et sans vider la batterie.

À lire aussi